La ligne Sète-Mèze

Voici une petite ligne d'une vingtaine de kilomètres qui ne manque pas d'interêt, certaines personnes avaient prévu une exploitation touristique de style "train + bateau" entre les deux extrémités, mais la politique et la SNCF en ont décidé autrement puisque la plus grande partie a été déferrée au début des années 90.

Jusqu'à sa destruction, cette ligne permettait l'évacuation de minerai de bauxite de la mine de Villeveyrac ( mine située par ailleurs à moins de 100 mètres de l'ancienne ligne Montpellier-Montbazin-Paulhan ; Paulhan étant sur l'ancienne ligne Vias-Lodève.) Les convois de 22 wagons faisaient la navette avec une usine d'aluminium ( Fos ou Gardanne ). Il y avait entre un et deux trains par jour, cinq jours par semaine. Quelquefois, le 63000 laissait la rame au toboggan de chargement de bauxite ( situé sur la 113), et amenait un ou deux wagons de rails réformés au port de Mèze. Ces derniers étaient utilisés par les ostréiculteurs pour construire et entretenir les parcs à huîtres.

Mais aujourd'hui tout cela est terminé, cette ligne avait un panorama exceptionnel, avec une vue quasi-continue sur l' étang de Thau, et l'ile de Sète en toile de fond. A Mèze, la voie était même noyée dans la chaussée du port, et aurait permis de créer un quai pour les bateaux à la descente du train. Cette ligne aurait été une superbe vitrine pour la région, huîtres à déguster, bien sûr, mais aussi Noily Prat, Picpoul de Pinet, Tielles Sétoise, pour ne citer que les spécialités les plus connues. Sète étant l'une des villes languedocienne la plus visitée, il y avait là un potentiel extraordinaire... Mais le mal a été fait et qui pourrait se permettre de reposer une voie normale de nos jours, à part la région, elle-même?

Une association pourrait reposer la voie mais à un écartement métrique ou en voie étroite. Le trafic existant encore entre Balaruc et Sète ( engrais et jusqu'à la fin des années 80 une cimenterie Lafarge ), la partie Balaruc-Mèze pourrait être exploitée en voie "sub-normale" sans trop de difficulté, car la plate-forme a été préservée ( sauf peut être à la caserne de pompier de Bouzigues - au fond de la photo, en tole ondulée ). Les emprises des voies ont été conservée à Mèze, il y a la place pour refaire une gare terminus et un quai à bateaux. La gare de Balaruc étant également à quelques mètre de l'étang, un navire peut aisément assurer un des trajets. La partie Balaruc-Sète peut être exploitée avec du matériel en voie normale, à condition de trouver un terrain d'entente avec la SNCF.

En gare de Sète, les voies servant à la réception des trains de bauxite ayant été enlevée, il reste une place immense pour créer l'indispensable parking, un dépôt et un quai de départ du chemin de fer touristique. La gare de Sète est également à quelques mètre de l'eau.

Avant de traverser le Canal du Rhône à Sète, se trouvaient des docks qui ont été démolis l'année dernière, la voie traverse toujours la route et abouti pratiquement dans l'étang de Thau...

Les possibilités d'exploitation sont donc multiples, toutes les combinaisons étant possibles, il faut espérer que quelque chose va se faire dans ce magnifique pays, et que cette ligne ne va pas se retrouver bêtement changée en piste cyclable, ou en rien...

16-10-98

NOTA: La gare de Balaruc est en cours de rénovation.